Brigitte Tanaka
kyō x cassandre montoriol x brigitte tanaka
Mélusine
La légende fondatrice du Luxembourg
En 963, le comte Siegfried fit ériger le château de Lucilinburhuc, berceau de la ville de Luxembourg.
La légende raconte qu’il bâtit cette forteresse pour Mélusine, une mystérieuse femme rencontrée près des falaises du Bock.
Mélusine accepta de l’épouser à deux conditions :
ne jamais être contrainte de quitter ce rocher et ne jamais être observée le samedi.
Pendant de nombreuses années, le couple vécut en harmonie et donna naissance à sept enfants.
Mais un jour, gagné par le doute et la jalousie, Siegfried regarda par le trou de la serrure.
Il découvrit alors Mélusine dans son bain, révélant sa véritable nature :
mi-femme, mi-poisson.
Trahie, Mélusine disparut dans l’abîme qui s’ouvrit sous ses pieds, pour ne plus jamais réapparaître.
La légende raconte qu’aujourd’hui encore, elle tisse une chemise dans les profondeurs du rocher, ajoutant un point tous les sept ans.
Le jour où l’ouvrage sera achevé, sa malédiction prendra fin.
Une réinterprétation contemporaine
Figure féminine puissante, insaisissable et souveraine, Mélusine incarne à la fois le mystère, l’indépendance et l’origine même d’une cité.
Pour rendre hommage à cette légende européenne ancrée dans l’histoire du Luxembourg, Kyō a invité l’illustratrice française Cassandre Montoriol à réinterpréter ce mythe à travers son univers délicat et poétique.
Son illustration — brodée sur un sac en organza éthéré créé avec Brigitte Tanaka — représente une Mélusine à la fois fragile et déterminée :
une gardienne silencieuse du Luxembourg, suspendue entre l’eau et la pierre, le mythe et la ville.
Un objet de mémoire
Ce sac en organza est plus qu’un accessoire.
Conçu en collaboration avec Brigitte Tanaka, il devient un fragment d’histoire, un symbole de féminité libre, et un souvenir poétique du Luxembourg — léger comme l’air, mais profondément enraciné dans la légende.
Lancé à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, cet objet rend hommage à une figure mythique qui choisit la liberté plutôt que la captivité, le mystère plutôt que la soumission, et dont l’esprit semble encore habiter les fondations de la ville.
Pourquoi « Ne me regardez pas » ?
La phrase brodée « Ne me regardez pas » se trouve au cœur même de la légende.
Mélusine n’avait demandé qu’une seule chose à son époux :
ne jamais chercher à la voir le samedi.
Ce jour-là, elle retrouvait sa véritable nature — à la fois humaine et aquatique.
En rompant cette promesse, Siegfried ne trahit pas seulement sa femme.
Il brise l’équilibre fragile entre amour et confiance, entre le visible et l’invisible.
« Ne me regardez pas » devient ainsi bien plus qu’un avertissement.
C’est une déclaration d’autonomie, une revendication du droit de préserver son mystère, son intimité et son monde intérieur.
À travers cette broderie, la Mélusine imaginée par Cassandre Montoriol apparaît comme une figure féminine qui demeure souveraine de sa propre histoire.
Mélusine
The Founding Legend of Luxembourg
In the year 963, Count Siegfried built the castle of Lucilinburhuc, the cradle from which the city of Luxembourg would rise.
Legend tells that the fortress was erected for Mélusine, a mysterious woman he encountered near the cliffs of the Bock.
Mélusine agreed to marry him under two conditions:
that she would never be forced to leave the rock, and that she would never be seen on Saturdays.
For many years, the couple lived in harmony and had seven children.
But one day, consumed by doubt and jealousy, Siegfried peered through a keyhole.
There he discovered Mélusine bathing — revealing her true nature:
half woman, half fish.
Betrayed, Mélusine vanished into an abyss that opened beneath her feet, disappearing forever.
Legend says she still weaves a shirt in the depths of the rock, adding one stitch every seven years.
The day the garment is finished, her curse will finally be lifted.
A Contemporary Interpretation
A powerful, elusive and sovereign feminine figure, Mélusine embodies mystery, independence and the very origin of a city.
To honour this European legend rooted in Luxembourg, Kyō invited French illustrator Cassandre Montoriol to reinterpret the myth through her delicate and poetic universe.
Her illustration — embroidered onto an ethereal organza bag created with Brigitte Tanaka — portrays a Mélusine both fragile and resolute:
a silent guardian of Luxembourg, suspended between water and stone, myth and city.
A Piece of Living Memory
This organza bag is more than an accessory.
Created in collaboration with Brigitte Tanaka, it becomes a fragment of story, a symbol of free femininity, and a poetic keepsake of Luxembourg — light as air, yet deeply rooted in legend.
Launched to celebrate International Women’s Day, this piece honours a mythical woman who chose freedom over captivity, mystery over submission, and whose spirit still lingers in the city’s foundations.
Why “Do Not Look at Me”?
The embroidered phrase “Do Not Look at Me” lies at the heart of the legend.
Mélusine asked only one thing of her husband:
never to look at her on Saturdays.
On that day she returned to her true nature — both human and aquatic.
By breaking this promise, Siegfried did more than betray his wife.
He shattered the fragile balance between love and trust, between the visible and the unseen.
“Do Not Look at Me” therefore becomes more than a warning.
It is a declaration of autonomy.
The right to preserve one’s mystery, intimacy and inner world.
Through this embroidery, Cassandre Montoriol’s Mélusine emerges as a feminine figure who remains sovereign over her own story.